MOOC team – Jean-Sébastien

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7 sujets de 1 à 7 (sur un total de 7)
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  • en réponse à : [Activité] Définir l'espace public #16639

    Bonjour Tiphaine,

    Vos deux exemples sont justes et correspondent un peu à l’idéal de la définition. On peut l’élargir en citant aussi des lieux privés et même fermés, comme un centre commercial. On doit aussi l’étendre aux espaces immatériels des réseaux sociaux ou des médias, ce qu’Habermas nommait aussi la “sphère publique”.

    Deux éléments que vous mentionnez méritent discussion.
    La question de l’anonymat d’abord : l’anonymat est une impression, atténuée lorsqu’on croise une personne dont le visage nous est connu ou même contrariée dans le cas d’un contrôle de police ou de la vidéodétection.

    La notion de liberté ensuite, qui dépend beaucoup du contexte et des circonstances. Il s’agit toujours d’une liberté sous contrôle, particulièrement visible sous les régimes autoritaires. Mais en régime démocratique également, preuve en est par exemple l’obligation de déclarer toute manifestation, défilé ou rassemblement sur la voie publique et qui s’impose à tous (organisations syndicales, organisateurs de spectacles ou de manifestations sportives…) : https://www.service-public.fr/associations/vosdroits/F21899
    On peut considérer néanmoins que l’espace public est toujours un espace où revendiquer et construire construire la liberté.
    Bonne continuation !

    en réponse à : [Activité] Définir l'espace public #16633

    Même réponse qu’à Larkabo ci-dessus : votre définition est juste, mais restrictive car vous verrez dans la leçon que la question de la propriété est déconnectée de la définition de l’espace public. Un espace public peut être privé, comme par exemple un centre commercial. Le critère commun à retenir est celui de co-fréquentation par “du public”.
    Par ailleurs, il existe des espaces publics virtuels (internet, les réseaux sociaux…) dont l’importance est révélée par ces temps de confinement. Ils sont espaces d’échange, de rencontre et d’activation de la “sphère publique”.

    en réponse à : [Activité] Définir l'espace public #16631

    Votre définition est assez juste, mais vous verrez dans la leçon que la question de la propriété est déconnectée de la définition de l’espace public. Un espace public peut être privé, comme par exemple un centre commercial. Le critère commun à retenir est celui de co-fréquentation par “du public”. Par ailleurs, il existe des espaces publics virtuels (internet, les réseaux sociaux…) dont l’importance est révélée par ces temps de confinement. Ils sont espaces d’échange, de rencontre et d’activation de la “sphère publique”.

    en réponse à : [Activité] Introduction à l'analyse d'oeuvres #16147

    + The Woodpeckers, Marco Barotti (Italie)

    La discipline : projet hybride art robotique et musique
    La thématique : la pollution électromagnétique, le lien nature/technique
    Le lieu : n’importe où sur le mobilier urbain
    Le public : les passants et le public averti qui cherche les oiseaux

    + Dries Verhoeven, Fare Thee well! (2012)
    La discipline : installation optique
    La thématique : ce qui disparaît, qui s’éteint
    Le lieu : un point haut dans la ville (promontoir, toit, balcon, baie vitrée)
    Le public : expérience solitaire, public averti
    Dispositif : série de télescopes à longue portée disposés au sommet d’un immeuble qui surplombe un paysage urbain. Le visiteur enfile un casque audio qui diffuse l’air « Ah ! Spietato » dans Amadigi di Gaula (HMW 11) de Haendel. En approchant son œil de la lunette fixe apparaît à l’horizon un téléscripteur led placé à deux kilomètres de distance, d’où défile une série de messages sur un ton d’ironie distanciée : « adieu capitalisme, « adieu Dieu », « ne pleure pas parce que c’est fini… ». Le paysage urbain apparaît à l’envers dans la lentille du télescope.
    « Requiem visuel », l’œuvre compose un message d’adieu aux choses encore présentes qui ne seront plus là dans dix, vingt ou cinquante ans. Un monde disparaît, il faut se préparer aux adieux.

    https://driesverhoeven.com/en/project/fare-thee-well/
    https://www.lieuxpublics.com/en/actes-artistiques/280/fare-thee-well
    http://www.in-situ.info/en/artists/dries-verhoeven/works/en/fare-thee-well-23

    en réponse à : [Activité] Définir l'espace public #16107

    En effet, internet est un espace public virtuel. Nous vivons au quotidien dans la superposition simultanée de l’espace concret et de l’espace virtuel (régime d’ubiquité). Certains artistes s’emparent de ces questions comme par exemple Ici même avec le projet First Life (http://icimeme.info/files/ICIMEME-FIRSTLIFE-auxarmes-ecran.pdf) ou Judith Hofland avec Like me (www.judithhofland.nl).
    Bonne continuation !

    en réponse à : [Activité] Définir l'espace public #16044

    Bonsoir Fanny,

    on oppose en effet souvent intuitivement l’espace public à la notion de propriété privée. Il s’agit pourtant d’une erreur car de nombreux lieux publics sont privés ou privatisés, ce qu’il n’est pas interdit de regretter par ailleurs. Ainsi, un parc d’attraction peut être défini comme espace public, tout comme une galerie commerciale. Ce sont évidemment des lieux bien différents des places ou rues des villes, mais ils sont dédiés à l’accueil du public.
    Pensez aussi aux rues privatisées par les associations de riverains dans certaines villes (gated communities) ou même les rues commerçantes privatisées par des regroupements de commerçants dans les pays anglo-saxons. Il y a même des villes entièrement privées, aux Etats-Unis ou en Inde par exemple.
    De nombreux artistes travaillent précisément dans ce type de contexte pour en dénoncer les dérives et pour proposer d’autres manières de penser et de vivre les espaces communs.

    Bonne continuation !

    en réponse à : [Activité] Définir l'espace public #15996

    Bonjour à toutes et à tous,

    merci pour vos nombreuses et riches contributions. Vous arrivez dans l’ensemble à apporter des définitions assez justes de ce qu’est un espace public.

    Vous citez fréquemment l’idéal-type de la catégorie à savoir la place publique ou la rue, qui sont des espaces communs ouverts à la déambulation publique. Ils appartiennent au domaine public, sont gérés par une collectivité et on peut y circuler librement. Ce sont des espaces de rencontre, de croisement, de co-présence de toutes les strates de la société. Attention à ne pas idéaliser l’image que vous vous en faites : ce sont aussi aussi des espaces de frottement, de tension. À l’image de la société, ils sont profondément inégalitaires. Pour cette raison, ce sont des espaces où agir pour contribuer à changer la société. Certains d’entre vous parlent d’y projeter des “futurs désirables”. C’est très juste : l’espace public est un espace à inventer, à dessiner ensemble !

    Attention, le fait de circuler librement n’est pas un critère de définition suffisant : vous circulez tout à fait librement dans votre appartement et pourtant ce n’est pas un lieu public. A contrario, la période actuelle de confinement démontre que la circulation libre dans l’espace public est relative et dépend des circonstances : en temps de guerre, sous couvre-feu, en régime de dictature ou lors de mesures de confinement sanitaire, l’accès à l’espace public est très limité. Cela nous informe que l’espace public est un espace administré, contrôlé, surveillé : on n’y fait pas ce qu’on veut !
    Les artistes qui y interviennent le savent bien : ils négocient leur présence en appliquant les règles d’usage (demande d’autorisation, lien avec un organisateur culturel qui s’en charge) ou ils transgressent ces règles comme certains graffeurs par exemple. Selon les pays, l’accès à l’espace public peut être dangereux pour les artistes : des témoignages illustreront certaines situations dans le MOOC.

    Certains d’entre vous citent des lieux plus spécifiques comme les supermarchés, les gares ou les transports en commun. On peut les considérer comme des espaces publics et beaucoup d’artistes jouent avec ces situations pour étendre leur domaine d’intervention et pousser parfois la définition jusqu’à ses extrêmes. Certains artistes ont par exemple amené du public dans des zones non accessibles habituellement : les réserves d’une boucherie de supermarché, une caserne de pompiers, les égouts d’une ville… Je laisse à votre appréciation l’évaluation de nos définitions face à ces cas. Sans doute est-il encore ici question de circonstances et de temporalité.

    Peu d’entre vous mentionnent les réseaux sociaux ou les média numériques qui pourtant, en ces temps de confinement, constituent un substitut omniprésent à l’espace urbain. Cette sphère publique d’échanges et de relations sociales est à rapprocher de la définition initiale de l’espace public par son inventeur, le philosophe Jürgen Habermas, à savoir un espace médiatique (comme la presse) et socio-politique. N’oubliez pas cette dimension qui est très évidente ces jours-ci.

    Bonne continuation !

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